Bienvenue

Bienvenue sur le Blogue du CRL du Jeune Barreau de Montréal (JBM)! Ce blogue est dédié à la diffusion de contenu juridique pour tous les avocats du Québec et plus spécifiquement pour les membres du JBM. Le contenu est offert grâce à une communauté d'avocats bénévoles impliqués sur le Comité recherche et législation du JBM. Si vous désirez devenir auteur ou contribuer au succès de ce blogue, faites-nous part de votre intérêt.

mercredi 7 septembre 2011

L'amendement tardif des procédures de la partie adverse est un motif qui justifie la permission de déposer une expertise hors délai

par Karim Renno

L'on discute régulièrement sur le Blogue des demandes de production tardive d'une expertise. Habituellement, la tâche de la partie qui demande la permission de produire cette expertise n'est pas simple, mais il en va autrement lorsque cette expertise répond à une réclamation ajoutée tardivement par la partie adverse comme l'illustre l'affaire Doyon c. Corporation Sun Media (2011 QCCS 4567).

Dans cette affaire, le Demandeur, après l'inscription pour enquête et audition, signifie une requête introductive d'instance réamendée dans laquelle il réclame une somme de 10 000 $ pour préjudice psychologique. À la suite de cet amendement, la Défenderesse, qui ne s’est pas opposée, requiert la permission de faire entendre un témoin expert sur le sujet de du quantum et la valeur du préjudice psychologique prétendument subi.

Dans ce contexte, l'Honorable juge Catherine La Rosa ne voit aucun obstacle au dépôt de l'expertise:
[9] La Cour d’appel, dans l’affaire Modes Striva inc. et autres c. Banque Nationale, a traité des principes juridiques applicables relativement au dépôt de documents importants à la suite de la production de la Règle 15.
[10] Dans ce contexte, le juge doit notamment examiner et pondérer entre eux les éléments suivants :
(1) les raisons qui ont empêché une partie de dévoiler à temps l'ensemble de sa preuve;
(2) le préjudice subi par la partie si permission lui est refusée;
(3) le préjudice subi par la partie adverse;
(4) la responsabilité de l'avocat et du client à l'origine du retard;
(5) la conduite du dossier par les avocats depuis son début;
(6) la saine administration de la justice.
[11] Or, en l’espèce, le Tribunal est d’avis que le demandeur ne subira aucun préjudice si la requête de la défenderesse est accueillie, d’autant plus que cette demande ne change en rien la date de l’audience au fond et le temps alloué; le témoignage de madame Micheline Favreau devant être succinct et de courte durée.
[12] Dans ce cadre, il y a lieu d’accepter la production du rapport de madame Micheline Favreau, mais de s’assurer qu’il sera produit à l’intérieur d’un délai qui permettra à la demanderesse de se préparer adéquatement.
Le texte intégral du jugement est disponible ici: http://bit.ly/npaeFO
Référence neutre: [2011] CRL 355

Autre décision citée dans le présent billet:

1. Modes Striva inc. et autres c. Banque Nationale, J.E. 2002-588 (C.A.).

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

L'équipe du Blogue vous encourage à partager avec nous et nos lecteurs vos commentaires et impressions afin d'alimenter les discussions sur le Blogue. Par ailleurs, prenez note du fait qu'aucun commentaire ne sera publié avant d'avoir été approuvé par un modérateur et que l'équipe du Blogue se réserve l'entière discrétion de ne pas publier tout commentaire jugé inapproprié.