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lundi 7 octobre 2013

Le non-verbal à votre service - Deuxième partie

Par Me Vincent Denault

Plusieurs séries télévisées américaines ont eu le mérite d’attirer l’attention du grand public sur la communication non verbale et son utilité afin de détecter le mensonge, certaines d’entres elles avaient des assises scientifiques. Cependant, la capacité des personnages à détecter le mensonge frôlait très souvent plus la fiction que la science.

Depuis une quarantaine d’années, la détection du mensonge a fait l’objet d’une multitude de travaux, de précieux indices d’écart entre ce qui est dit et ce qui ne l’est peut-être pas ont été mis en lumière. Cependant, aucun d’eux ne permet à lui seul de détecter le mensonge avec certitude peu importe la personne et la situation, aucun n’est semblable au nez de Pinocchio.

Pour la plupart, ces indices sont liés aux émotions impliquées dans le mensonge et à l’effort cognitif nécessaire au mensonge, c’est-à-dire au travail mental nécessaire pour mentir avec succès. Par exemple, le menteur doit créer le mensonge, le maintenir et s’assurer qu’il soit conforme avec ce qui est déjà su et ce qui pourrait finir par se savoir.

Lorsque les enjeux du mensonge sont élevés et que le menteur ne veut pas être découvert, non seulement les émotions peuvent être plus importantes, mais l’effort cognitif aussi. Plus l’effort cognitif nécessaire au mensonge est important, plus grandes sont les chances que des indices d’écart entre ce qui est dit et ce qui ne l’est peut-être pas soient perceptibles. Aldert Vrij, un professeur de psychologie de l’Université de Portsmouth au Royaume-Uni, a publié un nombre important d’études scientifiques et de livres au sujet des comportements mensongers et de la détection du mensonge.

Par exemple, dans une étude publiée en 2011, après avoir rappelé que l’effort cognitif nécessaire au mensonge peut être plus important que celui nécessaire à la vérité, Aldert Vrij propose de tirer parti de cette différence afin de mieux distinguer le mensonge de la vérité. Essentiellement, selon lui, lorsque mentir nécessite un effort cognitif plus important que celui nécessaire pour dire la vérité et que l’effort cognitif est intensifié davantage à l’aide de demandes supplémentaires, le menteur pourrait avoir de la difficulté à donner suite à ces demandes et le mensonge pourrait alors être plus facilement découvert. Études à l’appui, Aldert Vrij suggère d’intensifier davantage l’effort cognitif en demandant à l’individu observé de raconter son histoire à l’envers, de l’élément le plus récent au plus lointain, et de maintenir le contact visuel avec l’observateur, entre autres.

Évidemment, l’application de suggestions issues d’études faites en laboratoire est parfois impossible, la méthodologie et les limitations peuvent d’ailleurs faire obstacle à la généralisation de certaines conclusions. Néanmoins, les professionnels du milieu juridique ont tout à gagner à se renseigner davantage et à exercer leur esprit critique face à la communication non verbale et la détection du mensonge, deux sujets regroupant une multitude d’éléments caractéristiques et propres à la nature humaine.

La nature humaine étant complexe, il n’est pas étonnant que les croyances populaires soient constamment répandues, les affirmations catégoriques et sans réserve – la « règle du 7%-38%-55% », pour ne nommer que celle-là – afin de comprendre l’aspect silencieux de la communication peuvent être invitantes. Or, s’affranchir des croyances populaires est un important pas dans la bonne direction, celle ayant non seulement tout pour favoriser une communication sincère et efficace, mais aussi la recherche de la vérité, le cas échéant!

Cet article est une introduction au Dîner-conférence AJBM-CAIJ - Cour suprême, non-verbal et détection du mensonge qui aura lieu le 9 octobre prochain à la Cour d’appel du Québec à Montréal. Cette activité procure 1,5 heure de formation reconnue par le Barreau. Pour plus de renseignements ou pour vous inscrire, prière de consulter le site de l’AJBM.
 

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