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mardi 20 octobre 2015

« Conseils et astuces de la magistrature » Entrevue avec L’honorable Martin Castonguay

Par Rachel Rioux-Risi

Admis au Barreau en 1976, L’honorable Martin Castonguay s’est spécialisé en droit bancaire. Il s’est également taillé une place comme avocat auprès des assureurs des sociétés aériennes.  Notons que l’aviation est une passion du juge Castonguay.  Avant de faire carrière en droit, il a été pilote professionnel.  Juge à la Cour supérieure depuis 2007, outre son affectation actuelle à titre de coordonnateur de la chambre commerciale, il a eu l’occasion de siéger à la chambre civile et criminelle. Expérimenté comme avocat et comme juge,  il m’a partagé, lors de notre entretien,  quelques conseils et astuces.

Lorsque vous étiez jeune avocat, aviez-vous l’ambition de devenir juge? 

Mon ambition a toujours été de devenir juge. Pour moi, cela représentait l’aboutissement d’une carrière.  La pratique du  droit m’a tellement comblé que j’ai eu le désir, comme juge, de redonner au droit, au système judiciaire et surtout, aux justiciables.

Quelles sont les qualités d’un bon avocat-plaideur?

Le succès d’un avocat repose sur sa préparation et sa rigueur. L’avocat doit connaître les faits et le droit applicable. Il doit posséder une structure dans sa plaidoirie et la suivre rigoureusement.

Étant un juge interventionniste, je pose beaucoup de questions afin de mieux comprendre certains concepts. Mes questions n’ont pas pour objectif de désarçonner l’avocat, mais bien de répondre à mes préoccupations et ce, dans le but d’échanger avec lui. Un avocat plaideur compétent comprend qu’il s’agit d’un échange et s’y investira. À la suite de mes questions, celui-ci sera en mesure de faire un retour sur sa plaidoirie et de faire les liens nécessaires pour assurer une continuité. Ainsi, ma préoccupation aura obtenu une réponse me permettant de replonger dans la plaidoirie avec toute la concentration nécessaire. Il s’agit d’une collaboration entre l’avocat et le juge qui, à mes yeux est indispensable et importante.

Par ailleurs, un bon avocat plaideur, qui sait convaincre, est celui qui développe  l’habileté de faire du distinguishing et de soumettre la jurisprudence qui lui est défavorable.  Par conséquent, il transpose un fardeau supplémentaire sur le dos de l’avocat de la partie adverse.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune avocat qui débute sa pratique ou qui aimerait  se démarquer du lot de ses collègues?

Certains vous diront que le nombre d’heures consacré à la tâche est important. À mon avis, un jeune avocat se démarquera par sa ténacité et sa rigueur. 

À ses débuts, le patron est son principal client. Lorsque celui-ci lui confie un mandat, le travail de recherche doit être complet. Le produit, qui en découle, doit être précis et empreint de rigueur. Le produit de la recherche présenté à son patron doit ressembler à celui déployé pour une plaidoirie devant une cour de justice. Autrement dit, comme jeune avocat, il faut maitriser le droit et les faits ayant mené à la question de recherche. Cela permet de posséder les outils pour débattre intelligemment avec son patron et c’est important. Se tenir debout et tenir son bout sont les clés du succès. Une fois de plus, cela favorise la qualité de l’échange entre le jeune avocat et son patron. D’ailleurs, lorsque je rencontre de jeunes avocats compétents à la cour de justice, il s’agit de leur principale qualité. Ils sont en mesure d’échanger, car ils ont misé sur une excellente préparation.

Quelle est la pire erreur qu’un avocat-plaideur pourrait commettre en salle de cours?

La pire erreur que pourrait commettre un avocat est de ne pas être digne de sa profession et du système de la  justice. Par exemple, tenir des propos injurieux, irrespectueux, ne pas se conformer au protocole de la cour, utiliser des techniques d’intimidation,  faire des faux-pas qui ne sauraient être acceptés par un juge. Le système de justice que l’on doit représenter aux justiciables doit être empreint de sérénité.

Quelles sont les qualités premières d’un bon acte de procédure?

Être clair et précis!  La moitié du travail de l’avocat consiste à préparer et à rédiger l’acte de procédure.  Les juges lisent intégralement le document. Je rappelle que la meilleure façon d’exposer la cause est d’utiliser une idée par paragraphe et, si possible,  de respecter une certaine chronologie.

Quelles sont les traits essentiels d’un bon contre-interrogatoire?

Il n’y en a qu’un!  L’avocat qui contre-interroge doit connaitre les réponses du témoin avant même que celui-ci ait pu les prononcer. Encore une fois, la préparation de l’avocat est primordiale. Un contre-interrogatoire ne sert pas à faire la preuve mais à la renforcer.

Quels conseils auriez-vous aimé recevoir lorsque vous avez débuté votre carrière et que vous aimeriez désormais transmettre à nos lecteurs?

Je leur souhaite d’accorder plus d’importance à la passion qui les a poussés à choisir le droit et à l’exercice de la profession. Les honoraires ne sont pas une finalité. Il ne faut surtout jamais oublier sa passion.

2 commentaires:

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