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jeudi 15 juin 2017

La fin d'un règne - Entrevue avec madame Élizabeth Corte, juge en chef de la Cour du Québec de 2009 à 2016

Par Cynthia Brunet 
Langlois avocats, S.E.N.C.R.L

Bien peu de gens ayant cette stature réussissent à mettre leur interlocuteur à l’aise dès les premières minutes d’une conversation. Et pourtant, lorsque je me suis assise pour cette entrevue, la juge en chef s’est livrée avec générosité, ponctuant notre échange de son rire communicateur. portrait d’une femme inspirante et engagée que l’on veut dans le paysage juridique encore longtemps.
 
UN PARCOURS EN LIGNE DROITE

Difficile d’imaginer que la jeune Élizabeth Corte ne se prédestinait pas à une carrière d’avocate lorsqu’on s’attarde au chemin parcouru. Voulant travailler dans le secteur des communications, du travail social ou de l’enseignement à une époque où les cours de communication étaient plutôt inexistants, la jeune Élizabeth décide d’emprunter la voie du droit à l’Université de Montréal, pensant se diriger ailleurs une fois son diplôme en poche. Elle décide tout de même de faire son Barreau, « au cas où »…

Et voilà que l’Aide juridique se pointe le bout du nez en 1971. La diplômée y obtient son stage du Barreau et est affectée à la division criminelle. Étape charnière de son parcours puisqu’elle y découvre un amalgame de ses passions : l’aspect social et l’accompagnement du justiciable, mais aussi la communication, la plaidoirie et le droit. Son embauche à l’Aide juridique scelle son avenir; elle y sera loyale jusqu’à sa nomination à la Cour du Québec en 2000.

PLACE AUX FEMMES

À ses débuts dans la profession en 1974, elle est surtout entourée de collègues et de juges masculins, tout comme la clientèle qu’elle représente. Il n’y a pas non plus de femme juge ou policière ni de femme dans les cellules. Était-il difficile de se retrouver dans un « monde d’hommes » ? Pas nécessairement, puisque c’était comme ça à l’époque, mais on l’appelait « la p’tite », alors que ses collègues masculins avaient gagné leur titre de « Maître »…

La fin des années 70 voit l’augmentation graduelle du nombre de femmes dans la profession, phénomène qui s’accélère encore aujourd’hui. Évidemment, la force du nombre explique ce changement : plus de femmes graduent. Et pour réussir, c’est bien connu, les femmes font leur place, ne se contentant pas d’être « bonnes », mais s’assurant d’être les meilleures.

Les candidates sont donc de qualité. La magistrature emboîte aussi le pas en nommant de plus en plus de femmes juges. On veut évidemment plus de représentativité et de diversité, mais au-delà de ces considérations, on cherche les meilleurs candidats. Bien que la société ait évolué, nous ne devons pas nous asseoir sur nos lauriers, précise-t-elle. « Les femmes ont poussé, ont fi ni par percer, mais le dernier bout de chemin doit être une réussite de société bien plus qu’une réussite des femmes. » Il faudra donc s’adjoindre, s’allier, hommes ET femmes, car c’est cet alliage qui fait notre force, ensemble nous sommes meilleurs.

L’AUTRE CÔTÉ DE LA MÉDAILLE

Bien qu’elle ait songé à basculer vers la pratique privée ou la Couronne, comme plusieurs de ses collègues, elle demeurera profondément attachée à l’Aide juridique. D’abord, elle reconnaît que l’horaire lui permettait de mener de front vie professionnelle et vie familiale sans qu’elle ait l’impression de sacrifier l’un au profit de l’autre. Mais surtout, selon elle, pratiquer à l’Aide juridique est une valeur ajoutée, puisque le travail de l’avocat dépasse l’aspect financier. Le rôle d’avocate de la défense lui va comme un gant : elle accompagne ses clients aux prises avec des problématiques diverses (ex. problème de santé mentale, toxicomanie, etc.) et leur trouve des ressources, les fait cheminer dans le système. La misère humaine, elle l’a côtoyée, et elle sait que rien n’est plus valorisant que le «  sentiment d’avoir fait la différence dans la vie d’une personne ».

Pour lire la suite de l'article, rendez-vous à la page 13 de l'ExtraJudiciaire de Décembre 2016.

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