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vendredi 16 février 2018

Entrevue avec l’honorable Pierre E. Audet, juge de la Cour du Québec

Par Rachel Rioux-Risi
Avocate

J’ai réalisé une entrevue auprès d’un homme au parcours diversifié et hors du commun.Monsieur Pierre E. Audet, juge à la Cour du Québec depuis plus de 15 ans, possède une vaste expérience au sein de l’administration judiciaire et au sein du système judiciaire.

Généreux, il a partagé avec nous quelques conseils et il a profité de l’occasion pour remercier les membres du Jeune Barreau de Montréal de s’impliquer à rendre meilleur le système de justice.


Lorsque vous étiez jeune avocat, votre ambition était-elle celle de devenir juge?

Il s’agissait d’un rêve inaccessible.

Cependant, après un court passage dans un cabinet privé de Québec, j’ai occupé un poste d’officier de justice au Palais de justice de Québec. À titre de greffier spécial, j’ai été appelé à entendre des causes et à rendre des décisions. C’est à ce moment que mon intérêt d’être membre de la magistrature s’est développé.

Cependant, je crois qu’il y a une préparation personnelle et professionnelle à réaliser avant de devenir juge et celle-ci doit se faire tout au long de la carrière.

Cette préparation passe, notamment, par la diversification de ses expériences. Je suis d’avis qu’il faut s’impliquer au sein de la société civile et auprès du Barreau du Québec ou de l’Association du Jeune Barreau de sa région et de ses divers comités. En ce qui concerne les opportunités de carrière ou de mandat, il faut se surpasser et surtout oser. Il ne faut pas sous-estimer les opportunités, le réseautage et les rencontres.

Quelles sont les qualités d’un bon avocat-plaideur?

La préparation! Connaître son dossier. Maîtriser les faits et la preuve. Être organisé.

Également, il est intéressant d’anticiper les questions du juge et être prêt à répondre. Toutefois, il est impossible de tout connaître. Cependant, la meilleure improvisation est encore celle qui est la mieux préparée!

En outre, un juge apprécie un avocat qui s’exprime clairement et qui communique de façon précise et concise. Ainsi, il vaut mieux choisir ses arguments en droit et les défendre par la jurisprudence, au besoin.  


Quels conseils donneriez-vous à un jeune avocat qui débute sa pratique ou sa carrière et qui souhaite se démarquer?

Tout d’abord, l’avenir de la profession est appelé à se transformer par les technologies de l’information et en particulier, l’intelligence artificielle est à nos portes. Les problèmes de droit se poseront différemment. Les jeunes avocats sont familiers avec la technologie. Alors le premier conseil que je donnerais serait de profiter de cette force et de s’assurer que la technologie soit au service de la justice.

L’avenir touche aussi les modes de règlement des différends. Bien que les procès soient toujours nécessaires pour certains litiges, par exemple, en droit public et en droit de la personne, mon second conseil est de privilégier d’autres modes de règlement.

Désormais, les parties veulent s’approprier la problématique et souhaitent participer à son règlement. Un dossier réglé en médiation contribue à la paix sociale, donne une meilleure image de la profession et permet une exécution simplifiée et peu coûteuse.


Quelle est la pire erreur qu’un avocat-plaideur pourrait commettre en salle de cour?

Être mal préparé est une grave erreur. Ceci peut miner la réputation d’un avocat et peut mal servir à la justice

Également, induire en erreur un tribunal est inacceptable. Le but d’un procès est la recherche de vérité et les avocats doivent contribuer à l’atteindre, bien que leur mandat soit de défendre avec  vigueur les intérêts de leur client.

Ces deux objectifs ne sont irréconciliables, bien au contraire.

Quelle importance accordez-vous au bénévolat et à l’implication?

J’y crois beaucoup. L’implication diversifie les expériences d’un avocat. Ultimement, c’est la profession et la société qui en bénéficient grandement.

Le don de soi est un bonheur durable et fort apprécié. Il est bénéfique tant pour celui qui donne et que pour celui qui reçoit.

Le Jeune Barreau de Montréal et ses membres font un travail extraordinaire. Je souhaite les remercier chaleureusement. Leur contribution est très appréciée par la Cour du Québec.


Quels conseils auriez-vous aimé recevoir lorsque vous avez débuté votre carrière et que vous aimeriez désormais transmettre à nos lecteurs?

Être à l’affût des expériences et des rencontres. Être ouvert, notamment, à des mandats non traditionnels, avec un certain niveau de difficultés et d’obstacles, à des champs de pratique différents. L’objectif est de s’enrichir tant sur le plan professionnel que personnel.

La carrière n’est pas un long fleuve tranquille et il faut savoir chérir les personnes et les expériences qui peuvent nous rendre meilleurs.

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