Le préjudice : indice ou élément essentiel du caractère déraisonnable d’une décision en matière de gestion de l’instance ?

Jean-Philippe MacKayAvocatSarrazin Plourde Le Code de procédure civile introduit une nouvelle règle applicable àl’appel des « mesures de gestion relatives au déroulement del’instance et les décisions sur les incidents concernant la reprised’instance » (art. 32 C.p.c.). Règle générale : cesjugements ne sont pas susceptibles d’appel. Exceptionnellement, un juge de laCour d’appel pourra accorder une permission d’appeler s’il estime que la mesureoù la décision attaquée « paraît déraisonnable au regard des principesdirecteurs de la procédure ». Dans l’arrêt Pop c. Boulanger, 2017 QCCA 1009 du 22juin 2017, la Cour d’appel, sous la plume du juge Schrager, formule descommentaires sur le rôle que peut jouer le préjudice – sur le droit des partiesà faire pleinement valoir leurs droits dans le cadre de l’instance – dansl’analyse de ce qui constitue une mesure ou décision de gestion déraisonnable. Sur cette question, l’arrêtPop c. Boulanger reconnaîtl’importance du préjudice dans l’analyse, tout en cherchant à nuancer certainsjugements antérieurs de la Cour… Lire la suite

La Cour d’appel modifie les règles d’appel pour une instance comprenant plusieurs causes d’actions

VincentRanger Avocat,Sarrazin Plourde*Lecabinet où travaille l’auteur, Sarrazin Plourde, représentait l’appelant dansce dossier. Lorsqu’unjuge rejette au stade préliminaire une de plusieurs causes d’action, l’appel decette décision peut-il être formé de plein droit ou doit-il l’être surpermission? DansLarivière c. Ville de Montréal (Service de police de la Ville de Montréal),2017 QCCA 957, la Cour d’appel revient sur sa jurisprudence antérieure etconclut qu’une permission d’en appeler est nécessaire. Le tribunal fonde sadécision sur une controverse jurisprudentielle avant l’entrée en vigueur dunouveau Code de procédure civile etsur le texte des nouvelles dispositions. Faits RogerLarivière est un ancien policier au Service de police de la Ville de Montréal(SPVM). En2005, il se sépare de sa conjointe — elle aussi policière — et celle-ci déposeune plainte à son endroit pour voies de fait et menace de mort. En2009, Larivière est acquitté des accusations qui pèsent contre lui et il décidede porter plainte au SPVM contre son ex-conjointe…. Lire la suite

Does the Act of Marking Protesters with Ink by the Montreal Police Constitute a Violation of Their Civil Rights?

By Sarah D. Pinsonnault That is one of the questions that will be addressed by the Québec Court of Appeal following the granting of leave to appeal of the decision rendered in Godin c. Montréal (Ville de), 2015QCCQ 5513 (a summary of which can be read here). Indeed, the technique of physically branding protesters, whether it be through the use of black markers or ink that can only be seen under UV light, is not necessarily a thing of the past. The applicants in Godin c. Montréal (Ville de), 2015 QCCA 1374 are protesters who took part in the “Occupy Montreal” movement. They argue that this practice adopted by the Montreal police constitutes an infringement of their personal right to inviolability and integrity of the person (art. 10 C.C.Q.), especially since no consent was given. The Québec Court of Appeal, presided by the honourable Marie St-Pierre, J.C.A., granted their motion… Lire la suite

Maintien d’une objection et permission d’appeler : une évaluation au cas par cas?

par Émilie Gonthier Afin que soit accordée la permission d’appeler d’un jugement interlocutoire, le juge de la Cour d’appel devant qui le dossier est présenté doit considérer principalement que les provisions des articles 29 et 511 du Code civil de procédures sont rencontrées. Ainsi le premier article énonce, entre autres, trois situations où, si les fins de la justice le requièrent, il serait possible de permettre l’appel : si l’interlocutoire décide en partie du litige, ordonne de faire une chose à laquelle il serait impossible de remédier ou retarde inutilement l’instruction du procès. Ainsi, puisqu’un jugement interlocutoire rejetant une objection dans le cadre d’un interrogatoire préalable ne tombe dans aucune de ces catégories, la jurisprudence explique qu’il n’est pas appelable. La décision de la Cour d’appel du Québec Dubé c. Lesage Inc. (2015 QCCA 1247) pose la question lors de la situation inverse : et lorsqu’un jugement interlocutoire maintient l’objection… Lire la suite

Motion for Leave to Appeal of an Interlocutory Judgment Dismissing the Exception to Dismiss

By Sarah D. Pinsonnault Interlocutory judgments dismissing an exception to dismiss are generally not subject to appeal pursuant to article 29 C.C.P. given that they do not bind the judge on the merits.  There are however exceptions to that rule, such as questions relating to jurisdiction, to litispendence and to res judicata, as well as an exception dealing with new questions relating to the public interest. In Mitchell c. E. Stuart and Janet E. Mitchell Family Living Trust, 2015 QCCA 986, the Honourable Justice Jean-François Émond, J.A. noted that “[i]n such cases, leave can be granted if the reasons for judgment disclose an obvious weakness, so as to avoid a needless or unnecessary trial in the Superior Court” (para. 8). However, such was not the case before him in this instance.  ContextThe Petitioner, an American citizen and Canadian resident, sought leave to appeal from an interlocutory judgment rendered on March… Lire la suite

An Authorizing Appeal Judge or Panel is not Required to Explain in Detail Why a Motion for Leave is Dismissed

By Sarah D. PinsonnaultIn Plomp c. Joshi, 2015 QCCA 746, the Petitioner seeks to revoke the three-judge panel decision of the Court of Appeal that dismissed her motion for leave to appeal a Superior Court judgment. The Petitioner’s motion before this panel was subject to the rules governing appeals of interlocutory judgments, and thus had to comply with the requirements set forth under articles 29 and 511 C.C.P. in order for leave to be granted. Among the grounds of appeal upon which the Petitioner seeks leave to appeal is, inter alia, that the judgment was “not a reasoned one in that it did not address any of the many grounds for which she sought leave to appeal” (para. 5).To put this argument into context, the judgment in question reads as follows: “[1] Petitioner’s motion for leave to appeal is dismissed, not because of the issue of delays, but because her… Lire la suite