07 Déc 2020

Aux criminalistes avertis : les décisions essentielles des derniers mois (août- novembre 2020)

Par Pascale Safi, avocate

La Cour suprême a gâté ses criminalistes, juste à temps pour les fêtes! Si la frénésie des premiers flocons ne vous a pas laissé le temps de découvrir les nouveaux arrêts rendus par la Cour suprême, ce billet est la solution vous permettant d’en prendre connaissance le temps de déguster un bon chocolat chaud!

Dans cette publication, vous aurez l’occasion de parcourir les arrêts Slatter, Langan, Kishayinew, Riley, Reilly, Chouhan et Esseghaier, à travers un court résumé de quelques lignes seulement, suivi des extraits qui apparaissent les plus pertinents.

R. c. Slatter, 2020 CSC 36

Dans l’arrêt Slatter[1], la Cour suprême rétablit une déclaration de culpabilité relative à une accusation d’agression sexuelle à l’endroit d’une personne handicapée. Au procès, la Couronne a fait entendre un expert qui a relaté au tribunal que les personnes ayant une déficience intellectuelle sont plus susceptibles d’être influençables, en particulier lorsque leur interlocuteur est en position d’autorité et de confiance à leur égard. La défense s’est ainsi fondée sur cette preuve d’expert pour attaquer la crédibilité et la fiabilité de la victime.


La Cour suprême précise que lorsqu’un tribunal est appelé à apprécier la crédibilité et la fiabilité d’un témoignage rendu par une personne ayant une déficience intellectuelle ou développementale, le juge doit davantage s’appuyer sur les capacités démontrées et les aptitudes réelles de la personne qui rend témoignage, à percevoir, relater et se rappeler des faits en litige, plutôt que de privilégier la preuve d’expert attribuant des généralisations à cet égard. Le contraire aurait pour conséquence de perpétuer les stéréotypes préjudiciables au sujet des personnes ayant des déficiences, mais surtout de créer des embuches supplémentaires à ces personnes, pour qui l’accès à la justice est déjà plus difficile.

« Nous tenons simplement à souligner que, lorsque les tribunaux sont appelés à apprécier la crédibilité et la fiabilité du témoignage d’une personne ayant une déficience intellectuelle ou développementale, ils doivent hésiter à privilégier un témoignage d’expert attribuant des caractéristiques générales à cette personne, plutôt qu’à s’attacher à sa véracité et à ses capacités réelles démontrées par son aptitude à percevoir les événements en litige, à s’en rappeler et à les relater, à la lumière de l’ensemble de la preuve. Le fait d’accorder une trop grande importance à des généralisations risque de perpétuer des mythes et stéréotypes préjudiciables au sujet des personnes ayant des déficiences, situation qui est peu propice au processus de recherche de la vérité et qui crée des obstacles additionnels pour les gens qui demandent accès à la justice. »[2]

La Cour suprême se rabat ainsi sur les motifs dissidents du juge Pepall de la Cour d’appel de l’Ontario pour accueillir l’appel.

« [92] The appellant was convicted of the sexual assault of a complainant who has an intellectual and developmental disability. Although the appellant raises three grounds of appeal, this appeal primarily focuses on the need for the trial judge to expressly address in his reasons the defence submission that the complainant was suggestible. Does this alleged failure render the trial judge’s 28-page reasons for decision insufficient, thus requiring a new trial? My colleagues respond affirmatively and would allow the appeal and order a new trial. I would not. These are my reasons.

[93] The appellant submits that the trial judge failed to grapple with the issue of the reliability of the complainant’s testimony, particularly her suggestibility. With respect, I disagree.

[94] In my view, the trial judge’s reasons allow for meaningful appellate review and are adequate. In the context of the whole of the record, it is evident that the trial judge grasped the substance of the case and that the basis for his verdict is obvious. He considered the complainant’s evidence on the core issue of her repeated sexual assaults by the appellant to be reliable and credible, and based on the evidence before him, he was satisfied that the appellant was guilty beyond a reasonable doubt. There is no reason to interfere with the execution of his role as a trial judge. […]

[118] Like credibility, reliability is a factual determination. It is within the province of the trial judge. It is the trial judge who has the opportunity to hear and observe all of the witnesses. This reality anchors the principle that when reviewing reasons for sufficiency, an appellate court should start from a stance of deference towards a trial judge’s perception of the facts[…].

[119] In assessing the reliability of a witness’ testimony, each case must be considered on its own facts […]. In that case, without requiring that each factor be addressed, this court listed a number of non-exhaustive factors that may be considered in appraising the reliability of a child complainant’s statement in a sexual assault case. This included medical evidence, the age and immaturity of the child, the language used in the statement, the relative spontaneity of the statement, the passage of time between the statement and the alleged assaults, and the absence of any details in the statement referable to the time, place, or circumstances in which the assault occurred: at pp. 22-23. Passage of time is another factor that may be relevant to the assessment of reliability[…].

[120] Before this court, the appellant argued in his factum that the trial judge had failed to grapple with the central issue of the reliability of the complainant’s testimony. In oral argument, counsel for the appellant accepted that the trial judge considered reliability, but failed to address the complainant’s suggestibility. In particular, the appellant relied on the testimony of Dr. Jones that people with intellectual disabilities are more likely to be suggestible, especially when the questioner is in a position of authority or trust. […]

(…)

 [150] In summary, it is clear from the reasons that the trial judge considered the complainant’s reliability and credibility concerns, commented where necessary, and was satisfied beyond a reasonable doubt of the appellant’s guilt. […] The trial judge appreciated the difference between credibility and reliability, and adequately addressed reliability in his reasons. His reasons were not perfect. However, in my view, he was unquestionably alive to the real material issues before him, dealt with them in substance, and there can be no doubt that he was satisfied beyond a reasonable doubt of the appellant’s guilt. He had the advantage of seeing and hearing the various witnesses’ testimony. The reasons allow for meaningful appellate review. Reading the proceedings as a whole, I conclude that this ground of appeal should not succeed. »[3]

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour d’appel de l’Ontario est disponible ici.


R. c. Langan, 2020 CSC 33

Dans l’arrêt Langan[4], il est question de l’admissibilité d’une série de messages textes mis en preuve par la Couronne dans le cadre du procès ; plus particulièrement de messages textes échangés entre la victime et l’intimé avant et après les infractions sexuelles reprochées.

La Cour suprême accueille l’appel pour les motifs dissidents rédigés par le Juge Bauman de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique.

Dans sa dissidence, la Cour d’appel conclut à l’admissibilité des messages textes échangés après les infractions sexuelles reprochées, et ce, à titre d’éléments narratifs à portée circonstancielle. À cet égard, la Cour convient que les messages textes avaient été mis en preuve dans l’unique but d’évaluer la crédibilité de la victime quant à son récit des évènements et pour lequel il existait des déclarations antérieures compatibles. Ainsi, les messages textes n’étaient pas mis en preuve pour établir leur véracité ou pour corroborer le témoignage de la victime, mais plutôt pour permettre au juge de comprendre la chronologie des faits et d’évaluer la fiabilité et la crédibilité de la victime sur cet aspect.

Quant aux messages textes échangés avant les infractions sexuelles reprochées, la Cour conclut qu’ils sont également admissibles pour les raisons suivantes : (1) il ne s’agit pas d’une preuve de comportement sexuel visée à l’article 276(2) du Code criminel, puisque cette disposition ne vise que la preuve administrée par la défense, alors qu’il s’agit en l’espèce d’une preuve présentée par la Couronne ; (2) il ne s’agit pas d’une preuve concernant une activité sexuelle antérieure de la plaignante ; (3) à toute fin pratique, il ne s’agit pas d’une preuve présentée dans le but de tirer des inférences fondées sur l’un des deux mythes visés à l’article 276(1) du Code criminel.

« [1] The appellant, David Roy Langan, appeals his conviction for sexual assault contrary to s. 271 of the Criminal Code. […]

[2] The complainant and the appellant were the only witnesses at trial. In addition, without objection from defence counsel, Crown counsel (not the Crown on appeal) tendered a series of text messages that had been exchanged by the complainant and the appellant before and after the alleged assaults. […]

[78] In my view, the trial judge made no error of law in admitting or using the text messages sent before and after the weekend in question.

[79] I will refer to these two sets of messages as the “pre-visit messages” and “post-visit messages” for clarity, dividing them in two as did my colleague (at para. 40).

[80] I will first address the post-visit text messages. As I will set out, read in conjunction with the record, I conclude these messages were appropriately admitted and used to assess credibility within the bounds of the narrative as circumstantial evidence exception in respect of prior consistent statements by a witness. […]

[99] It is well-established that prior consistent statements may be used to assess credibility. Proper use turns on whether the statements are used to find a witness credible because of specific, permissible inferences of credibility, such as: “evaluating the context in which the initial complaint arose, in particular the fact and timing of the complaint” (Khan at para. 43); understanding “the sequence of events from the alleged offence to the prosecution so that [the trier of fact] can understand the conduct of the complainant and assess her truthfulness” (R. v. F. (J.E.), 1993 CanLII 3384 (Ont. C.A.) at 476, cited in Dinardo at para. 38); or assessing if there is “evidence that an individual has a motive to lie” (R. v. Stirling, 2008 SCC 10 at para. 12). […]

[101] Courts have frequently admitted messages sent by a complainant following an alleged sexual assault under the narrative as circumstantial evidence exception to prior consistent statements […]

[102] Read in the context of the arguments and lines of questioning advanced at trial, the complainant’s consistency in telling her story of how “she came to the realization as to what had occurred without her consent, and her reaction to the same” was a contested issue (RFJ at para. 34). By making a finding on this point, the trial judge was fittingly responding to counsels’ submissions. It was appropriate for him to use the post-visit text messages to assess the conduct of the complainant and her truthfulness in describing it, particularly when the defence used those messages to attempt to contradict her narrative of events and diminish her credibility. […]

[105] I would not give effect to this ground of appeal. […]

[108] My colleague concludes (at para. 66) that the text messages that preceded the visit were presumptively inadmissible “having regard to Goldfinch” and that the judge should have ruled on their admissibility pursuant to s. 276 of the Criminal Code.

[109] I respectfully disagree for a number of reasons. First, the Crown-led messages should properly be viewed as subject to the common law, not s. 276(2), which only addresses defence evidence. Second, the pre-visit messages do not qualify as evidence of sexual history. Third, the evidence was regardless not led or used to support twin-myth reasoning. […]

[124] The evidence my colleague has identified does not rise to the level of an “implicit sexual relationship”. The detailed sexual history evidence at issue in Goldfinch was starkly different from a single reference to parties “being together” in the past. In my respectful view, Goldfinch does not stand for the proposition that a one-sentence reference to a past relationship that may or may not have involved sexual activity requires a voir dire, and the failure to hold one necessarily constitutes an error of law.

[125] But as I have said, I do not believe that the Crown can be viewed as having tendered the text messages as “evidence of consensual sexual conduct” on the part of the complainant, as contemplated in Seaboyer (at 636). The pre‑visit text messages were tendered for an entirely different purpose.

[126] It is clear in light of the questioning of the complainant and the cross-examination of the accused that the Crown’s use of Exhibit 1 was directed at demonstrating that the accused could have had no expectation that prospective sex with the complainant was in the offing on the weekend. Given he testified to the contrary, this was a significant point at trial and formed part of the judge’s credibility assessment. […]

[132] I would not give effect to this ground of appeal. »[5]

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique est disponible ici.

 

R. c. Kishayinew, 2020 CSC 34

Dans l’arrêt Kishayinew[6], la Cour suprême conclut, à la majorité, que la décision du juge de première instance ne constitue pas un verdict déraisonnable et, qu’à la lumière de la preuve présentée au procès, il pouvait valablement conclure à l’absence de consentement de la plaignante à l’activité sexuelle.


En raison des trous de mémoire de la victime, la seule preuve disponible relative au consentement subjectif de la plaignante était qu’elle pleurait, qu’elle était désorientée, qu’elle ne voulait pas suivre l’intimé, qu’elle n’avait pas consenti à ses tentatives de l’embrasser ou de la toucher, qu’elle avait tenté de quitter la maison à plusieurs reprises, qu’elle s’était sentie effrayée et qu’elle voulait s’échapper. De cette preuve circonstancielle, la Cour suprême convient qu’une seule inférence raisonnable pouvait être tirée, soit celle que la victime n’a jamais consenti aux attouchements de l’intimé. Ainsi, la Cour accueille l’appel et rétablit la déclaration de culpabilité pour agression sexuelle.

« La Cour est d’avis à la majorité que, considérés dans leur contexte, les motifs du juge du procès indiquent clairement qu’il était convaincu, hors de tout doute raisonnable, que la plaignante n’avait pas subjectivement consenti à quelque activité sexuelle que ce soit avec M. Kishayinew. Sur ce point, nous souscrivons aux motifs exposés par le juge Tholl, en dissidence, aux par. 52 à 78 de sa décision. Le juge du procès a à juste titre reconnu qu’en raison des trous de mémoire de la plaignante, la seule preuve qui existait quant à la question du consentement subjectif était la preuve circonstancielle suivante — la plaignante pleurait et était désorientée, elle ne voulait pas suivre M. Kishayinew, elle n’avait pas consenti à ses tentatives de l’embrasser ou de la toucher, elle avait tenté de quitter la maison à plusieurs reprises, et, après son trou de mémoire, elle s’était sentie effrayée et [traduction] « bizarre dans le bas-ventre » et voulait s’échapper. À notre avis, ainsi qu’il ressort des par. 94, 96 et 97 des motifs du juge du procès (2017 SKQB 177 (CanLII)), une seule inférence peut raisonnablement être tirée de cette preuve : la plaignante n’a consenti à aucun attouchement par M. Kishayinew. Cette conclusion est suffisante pour appuyer la déclaration de culpabilité pour agression sexuelle. »[7]

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

R. c. Riley, 2020 CSC 31

Dans l’affaire Riley[8], la Couronne a appelé à la barre un témoin qui a ultimement été déclaré opposé à sa cause, en vertu de l’article 9(1) de la Loi sur la preuve. En effet, au cours de la présentation de la preuve à charge, le témoin a rendu un témoignage de nature disculpatoire à l’égard de l’accusé. Au terme du procès, le juge de première instance a fait une mise en garde de type Vetrovec au jury en lien avec le témoignage disculpatoire entendu dans le cadre de la preuve de la poursuite.

La Cour suprême accueille l’appel pour les motifs dissidents rendus par le juge Scanlan de la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse.

Dans sa dissidence, la Cour d’appel conclut qu’une mise en garde de type Vetrovec, lorsqu’appliquée à une preuve de nature disculpatoire, peut entraîner un renversement de fardeau sur les épaules de l’accusé, voire même lui incomber de présenter une preuve corroborant la preuve disculpatoire, alors qu’il n’a aucune obligation légale de le faire. Ainsi, une mise en garde de type Vetrovec ne devrait pas être faite à l’égard d’une preuve disculpatoire.

« [2] A jury convicted the appellant, Randy Riley, of second degree murder. Chad Smith was the victim. Originally, the appellant had been jointly charged with Nathan Johnson for the first degree murder of Mr. Smith. […]

[7] In an apparent attempt to overcome what they perceived to be a lacuna in their case of first degree murder, the Crown decided it would call Nathan Johnson as a Crown witness. The fallout from that decision and the trial judge’s jury instructions about his evidence are the primary focus of this appeal. […]

[9] The Crown sought to have Nathan Johnson declared adverse pursuant to s. 9(1) of the Canada Evidence Act, R.S.C. 1985, c. C-5. The Crown did not seek to have Johnson declared a hostile witness pursuant to the common law.

[10] At the end of the evidentiary portion of the s. 9(1) voir dire to determine adversity, the trial judge, the Honourable Justice James L. Chipman, announced his intention to give to the jury what has become known as a Vetrovec warning in relation to Nathan Johnson. I will discuss in more detail later the origin and nuances of a Vetrovec warning. In capsule, if the Crown calls a witness of unsavoury character, the judge may, and in some circumstances must, caution the jury against relying on the unsavoury witness’s testimony to convict the accused absent independent evidence that confirms or supports that testimony. […]

[12] Nonetheless, the trial judge gave a specific direction to the jury that given Nathan Johnson’s claim he shot the victim without the knowledge or participation of the appellant they were required to acquit if they were left in a state of doubt by his evidence. […]

[137] The Vetrovec instruction was developed in recognition of the pitfalls associated with evidence coming from “unsavoury” witnesses. When a Vetrovec instruction is applied to exculpatory witnesses it places an undue burden on an accused. It may even shift the burden to an accused to present confirmatory evidence when there is no such obligation. In the context of Mr. Johnson’s evidence he said, he alone committed the murder. In such circumstances the appellant’s ability to present confirmatory evidence may well have been limited or in fact impossible. Some aspect of that assertion must be correct for Nathan Johnson is serving a life sentence for the murder of Chad Smith. The objective of a Vetrovec instruction is to put in place safeguards to protect against wrongful convictions, not to shift the burden of proof to an accused when it comes to an unsavoury exculpatory witness.

[138] At law there is a difference between an exculpatory verses inculpatory witness when it comes to Vetrovec instruction. The instruction should not be given in relation to exculpatory evidence. The trial judge referred to the fact that Mr. Johnson was a Crown witness, perhaps implying that was a determining factor in his decision to instruct the jury as he did. Who calls a witness is not determinative of, nor in fact does it have any bearing on, whether a Vetrovec instruction should be given. It is the nature of their evidence (exculpatory, inculpatory, or mixed) that determines whether such a instruction should be given. As I note below, even if a witness is a mixed witness, a trial judge has a duty to separate the inculpatory from the exculpatory evidence and explain the different application of the special instruction as it relates to the different types of evidence. […] [Nos soulignements.]

[141] […] I add, it is intended to ensure that a jury does not place undue weight on the testimony of an unsavoury witness to convict an accused. This is in keeping with the law striving to protect an accused against wrongful conviction. It is consistent with the burden on the Crown, to prove a charge beyond a reasonable doubt […].

[143] A consequence of the erroneous instruction is that it can transfer the burden of proof to the accused requiring him/her to produce evidence that corroborates the exculpatory witness before it can be placed on the same footing as other witnesses.[…]

[145] In this case, the jury should have been instructed that they could consider the issue of credibility, taking into account the unsavoury character of Mr. Johnson, but that the law does not require that the jury look for confirmation. The W.(D.) instruction could then clearly set out the proper way for the jury to assess whether the Crown had proven the guilt of the appellant beyond a reasonable doubt. […]

[148] […] I am satisfied that his evidence was of vital importance to the issue of guilt or innocence and it should have been considered without the application of the Vetrovec instructions. […]

[162] Here, the error in the instruction could only have misled the jury in terms of how they should weigh Mr. Johnson’s evidence. Although called by the Crown at trial, Mr. Johnson’s evidence was clearly exculpatory. The jury was instructed to look for confirmation because Mr. Johnson was an unsavoury witnesses. The effect of that instruction was to say that in the absence of confirmatory evidence it was dangerous to acquit the appellant based on the evidence of Mr. Johnson. That is not the law. […]

[164] That case highlights the importance of a trial judge differentiating between inculpatory and exculpatory evidence from a single witness. It also highlights the seriousness of giving a Vetrovec instruction in relation to an exculpatory witness. […]

[165] The jury should not have been instructed to look for confirmatory evidence in relation to an exculpatory witness. They should not have been told that it was dangerous to accept his evidence. To do so shifts the burden of proof to an accused person. »[9]

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse est disponible ici.

R. c. Reilly, 2020 CSC 27

Dans l’arrêt Reilly[10], la Cour suprême rétablit l’arrêt des procédures prononcé par le juge du procès à titre de réparation appropriée à l’égard d’enjeux entourant la comparution du prévenu devant un juge de paix.

La Cour suprême souligne qu’eu égard à la conclusion tirée par le juge du procès, selon laquelle une violation de l’article 503 du Code criminel est « une manifestation d’un problème systémique et persistant à l’égard duquel aucune mesure satisfaisante n’était prise pour y remédier », rien ne justifiait l’intervention de la Cour d’appel quant au prononcé de l’arrêt des procédures[11].

Rappelons que l’article 503 a) du Code criminel édicte expressément que lorsqu’un juge de paix est disponible dans un délai de vingt-quatre heures après l’arrestation d’une personne détenue, cette personne doit être conduite devant un juge de paix sans retard injustifié et, dans tous les cas, au plus tard dans le délai de vingt-quatre heures prévu par la loi.

Ainsi, la Cour suprême accueille l’appel et rétablit l’arrêt des procédures, suivant la conclusion tirée par le juge de première instance.

« [63] The evidence before me reflects a systemic and ongoing problem. Since the start of the Crown Bail Project the number of persons accused of offences but not convicted who are held more than 24 hours in breach of section 503(1)(a) of the Criminal Code has increased exponentially. It is a problem that was anticipated by the Edmonton Police Service prior to the implementation of the project in October 2016 and has continued throughout the life of the project some 17 months later. The state has been aware of the ongoing problem and little if anything has been done to address the issue. Knowing that there is a problem is one thing, addressing it quite another. The state has abrogated its duty to its citizens. A fundamental right under out criminal justice system is to be presumed innocent. It is the state that must prove beyond a reasonable doubt that an accused person is guilty of the offence charged. Until that occurs the accused person is presumed innocent. This principle is the basis of the legal framework set out in the Criminal Code governing bail and pretrial detention and section 11(e) of the Charter which states that “everyone charged with an offence has a basic entitlement to be granted reasonable bail unless there is just cause to do otherwise” (R v Pearson, 1992 CanLII 52 (SCC), [1992] 3 SCR 665 at para 13). In R v Antic, 2017 SCC 27, the Supreme Court of Canada reaffirmed this when it said “[t]he right not to be denied reasonable bail without just cause is an essential element of an enlightened criminal justice system. It entrenches the effect of the presumption of innocence at the pre-trial stage of the criminal trial process and safeguards the liberty of the accused persons.”

[64] While Mr. Reilly was ultimately granted bail, 36 hours after apprehension contrary to his Charter rights, the state conduct of routinely over-holding accused persons more than 24 hours is egregious. […] »[12] [Nos soulignements.]

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour provinciale de l’Alberta est disponible ici.

R. c. Chouhan*, 2020 CSC 75817

Dans l’arrêt Chouhan[13], la Cour suprême confirme la constitutionnalité des modifications législatives apportées aux articles 634 et 640 du Code criminel, relatifs aux récusations péremptoires lors de la sélection du jury. Comme il s’agit de modifications d’ordre purement procédural, la Cour suprême précise qu’il s’agit de dispositions s’appliquant de manière rétroactive. Les motifs de la Cour suprême sont à suivre.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.


R. c. Esseghaier*, 2020 CSC 75818

Dans l’arrêt Esseghaier[14], la Cour suprême conclut à l’application de la disposition réparatrice prévue à l’article 686(1)b)iv) du Code criminel. Les motifs de la Cour suprême sont à suivre.

Le texte intégral de l’arrêt de la Cour suprême est disponible ici.

[1] R. c. Slatter, 2020 CSC 36.

[2] Id.

[3] R. v. Slatter, 2019 ONCA 807, par. 92-94, 118-120, 150.

[4] R. c. Langan, 2020 CSC 33.

[5] R. v. Langan, 2019 BCCA 467, par. 1, 2, 78-80, 99, 101, 102, 105, 108, 109, 124-126, 132.

[6] R. c. Kishayinew, 2020 CSC 34.

[7] Id.

[8] R. c. Riley, 2020 CSC 31.

[9] R. v. Riley, 2019 NSCA 94, par. 2, 7, 9, 10, 12, 137, 138, 141, 143, 145, 148, 162, 164, 165.

[10] R. c. Reilly, 2020 CSC 27.

[11] R. c. Reilly, 2020 CSC 27.

[12] R. v. Reilly, 2018 ABPC 85, par. 63, 64.

[13] R. c. Chouhan*, 2020 CanLII 75817 (CSC).

[14] R. c. Esseghaier*, 2020 CanLII 75818 (CSC).

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